Articles
.................................................................................................................................................................................................

Le lolicon, une histoire compliquée
26/01 | Société | Auteur: Donald Duck
Le Lolicon , ou Rorikon et le terme gairaigo (mot japonais d'origine étrangères) reprenant la contraction de Lolita Complex (du roman de Vladimir Nabokov, Lolita), désignent l'attirance sexuelle aussi bien fictionnelles que réelles et pour les jeunes adolescentes non encore totalement formées (Les lolitas). “ Lolita Complex ” a pour abréviation “ lolicon ” plutôt que “ lolicom ” à cause de la prononciation du japonais. D'autres mots étrangers avec des syllabes finissant en “ m ” sont transcrits de la même manière. La retranscription du mot en Rōmaji s'écrit “ rorikon ”.
En
son sens japonais originel, “ lolicon ” n'est pas directement lié aux
productions artistiques. “ Loli ” caractérise toute représentation de
jeunes filles ou de fillettes, aussi bien photographique (“ Loli
photobooks ”) que dessinée ou filmée. “ Lolicon ” peut aussi en japonais
renvoyer aux personnes attirées par les fillettes et préadolescentes
réelles comme fictionnelles et est en ce sens synonyme de pédophile.
Lolicon
désigne plus spécialement ailleurs qu'au Japon des productions
artistiques (mangas, animes, jeux vidéo, etc.) érotiques ou
pornographiques mettant en scène des personnes de sexe féminin âgées de 7
à 13 ans.
Le lolicon trouve son expression généralement dans des
contenus réservés aux adultes, mais pas uniquement, un personnage peut
être qualifié de lolicon dès l'instant qu'il représente un personnage de
sexe féminin juvénile et situé dans un contexte sentimental. On peut
citer certaines séries célèbres comme Love Hina où les personnages de
Shinobu et Kaolla sont des lolicons. Le fan service est très souvent le
facteur rendant un personnage lolicon, la subtilité étant souvent
suffisamment fine pour marquer les amateurs de lolicon sans pour autant
choquer le reste du public. Il n'est pas rare de retrouver un ou
plusieurs lolicons dans la plupart des shōnens sentimentaux.
Mais
c'est dans sa forme d'expression érotique et pornographique que le
lolicon est le plus marquant. Le tout premier anime hentai produit au
japon était un lolicon[1], mais aujourd'hui, la production d'anime
hentai lolicon est quasi-nulle. Ses principales formes d'exploitations
commerciales à ce jour sont les mangas, les jeux vidéo, ainsi que les
loli-photobooks et DVD. Les manga pour adultes restent la forme
d'expressions préférée des auteurs de lolicon et certains éditeurs se
sont spécialisés dans ce type de publication. Avant de publier un manga,
les auteurs passent très souvent par des publications réunissant
plusieurs auteurs, Comic LO (Lolita Organization) est une des plus
célèbres qui paraît tout les mois aux éditions Akaneshinsha. Les jeux
vidéo lolicon se calquent sur ce qui se fait dans le hentai en général.
Le type le plus répandu sont les jeux de séduction du personnage afin
d'avoir un rapport sexuel avec lui. Ils se présentent sous la forme
d'une histoire linéaire dans laquelle il faut faire de temps à autres
des choix, il y a très peu d'animation dans ce type de jeu, les
personnages apparaissent en images fixes sur des décors, les dialogues
s'écrivant au fur et à mesure. Certains de ces jeux sont très célèbres
et ont été adaptés en série anime grand public, c'est le cas par exemple
pour Popotan. Il existe d'autres types de jeux moins scénarisés et plus
basés sur l'action, où les personnages sont en 3D et l'animation très
soignée. Les loli photobooks sont une forme d'exploitation commerciale
du lolicon à mettre en marge car contrairement aux œuvres de l'esprit,
ils impliquent de vrais mineurs. Leur contenu n'est pas pornographique
et leur publication est légale au Japon. Ces livres de photos mettent le
plus souvent en valeur une jeune fille revêtue d'un uniforme, en
maillot de bain ou sous-vêtements dans des positions suggestives.
Et c'est légal ?
Ceux-ci
sont légaux au Japon tant qu'ils n'impliquent pas de vrais modèles dans
le processus créatif. Alors que dans la majorité des autres pays ils
sont interdits (voir ci-dessous). En effet, le lolicon est fréquemment
rapporté à la pédophilie. Ses défenseurs clament qu'un matériel
fictionnel n'affecte pas les enfants, et que les lolicons peuvent aider à
soulager la tension sexuelle des pédophiles ; ses opposants disent
qu'au contraire la vision d'un tel matériel les encourage à considérer
les enfants comme des objets sexuels, et que son autorisation risquerait
de banaliser la pédopornographie non fictionnelle. Cependant ces
accusations ne sont pas fondées, et au Japon, pays où est produite et
consommée la grande majorité des lolicons, il n'est pas prouvé que cela
ait pour conséquence une recrudescence des agressions envers les
fillettes et les préadolescentes (dont la fréquence est là-bas en fait
bien inférieure à la plupart des autres pays). Les lolicons sont un
sujet fréquent d'étude universitaire sur la sexualité au Japon, et l'on
suggère souvent qu'ils existent pour les mêmes raisons que les femmes
habillées en uniforme de collégienne sont considérées attirantes. Au
Japon, les mangas lolicons sont disponibles au feuilletage et à l'achat
presque librement dans la plupart des librairies et des kiosques, la
seule restriction étant qu'ils doivent, comme toutes les publications
pour adultes, être placés à un endroit précis du magasin.
Ailleurs aussi ?
La
Cour suprême des États-Unis d'Amérique a décidé en 2002 que le “ Child
Pornography Prevention Act ” de 1996, qui prohibait la pédopornographie
virtuelle était anticonstitutionnel car il interdisait “ des productions
qui ne provoquent ni crimes ni victimes. La pédopornographie virtuelle
n'est pas 'intrinsèquement liée' à l'abus sexuel des enfants.” Le
PROTECT Act de 2003 (Amber Alert Law), promulgué par George W. Bush le
30 avril 2003, criminalise la pédopornographie virtuelle. En décembre
2005, Dwight Whorley fut condamné à ce sujet (mais il possédait aussi de
la pédopornographie photographique non virtuelle). La Cour Suprême ne
s'est pas encore prononcée sur cette loi.
L'Afrique du Sud a précisé
en septembre 2003 (“ Films and Publications Amendment Bill ”) qu'en
pédopornographie la virtualité n'était un facteur de distinction d'avec
la pédopornographie en général.
De même, l'article 163.1 du code
criminel canadien interdit “ toute représentation photographique,
filmée, vidéo ou autre, réalisée ou non par des moyens mécaniques ou
électroniques ”. Un américain a été condamné à 30 jours de prison pour
avoir fait passer du Lolicon des États-Unis au Canada en avril 2006.
Chez nous ?
En
France, toute “ représentation d'un mineur lorsque cette image ou cette
représentation présente un caractère pornographique ” est interdite à
la production ainsi que, depuis mars 2002, à la simple détention.
Néanmoins, aucune condamnation pour détention de ce type de dessin
uniquement ne semble avoir été prononcée jusqu'à maintenant. L'article
de loi emploi l'expression “ l'image d'un mineur ”, ce qui entretient un
certain flou : suivant les interprétations, on peut considérer que
l'interdiction s'applique uniquement à l'image d'une personne mineure
existante en particulier (par exemple un dessin fait d'après modèle
réel) ou à l'image d'un mineur en général, y compris une œuvre
d'imagination. En 2006, la jurisprudence n'étant pas encore fixée de
façon claire, la qualification de l'infraction dépend de
l'interprétation du juge. Dans le climat de vive émotion vis-à-vis de la
pédophilie perdurant en France depuis l'affaire Dutroux dix ans
auparavant, on peut s'attendre en moyenne à des interprétations plutôt
larges.
En 1994 au Royaume-Uni, le Criminal Justice and Public
Order Act introduisit une définition légale d'une “ pseudo-photographie
indécente d'un enfant ”, interdite tout comme les vraies. Cependant la
loi n'inclut pas les productions artistiques où les reproductions ne
tendent pas à une mimesis parfaite, comme dans les mangas.
Aux
Pays-Bas, le 1er octobre 2002, une loi caractérisant la “
pédopornographie virtuelle ” comme illégale fut introduite. Cependant la
loi ne concerne que les “ représentation réalistes d'un mineur dans des
positions sexuellement explicites ”, ce qui laisse planer l'ambigüité
sur le statut du lolicon.
En
Allemagne, toute pornographie est interdite lorsqu'elle concerne “
l'abus sexuel d'enfants, qu'il soit réel ou présenté de manière réaliste
”. Même ambiguïté.
©2001-2007 JVnett.com - Tous droits réservés
|