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Le Yaoi et le Yuri

28/01 | Société | Auteur: Jinnosuke


Le hentai, un art multiple

De même que l'on peut définir en plusieurs genres l'art pornographique, comme lesbien, scatophile et j'en passe, le hentai ne se contente pas d'être un genre il est lui aussi subdivisé en plusieurs catégories. Attention cependant, ce qui va suivre risque d'être un peu long. Suivez le guide.


Le hentai étant crée par l'homme, des genres n'existant pas dans le monde réel font donc leur apparition. J'irai donc des genres les plus communs aux genres les plus improbables, en m'attardant sur le Lolicon, qui est rarement abordé et qui mérite explication.

Je vais d'abord parler du genre “ normal ” du hentai, à savoir le hard. A l'instar de n'importe quel film pornographique occidental il s'agit d'une scène de copulation banale, la femme est seul ou avec un compagnon. C'est du sexe tout ce qu'il y a de plus normal. Le viol étant cependant régulièrement abordé dans le hentai, je vous préviens que l'on peut aussi le trouver dans le hentai hard. Parfois on retrouve l'appellation de Big Tits Hentai, mais je ne vais pas trop développer car il s'agit juste mettre en scène des jeunes femmes avec des seins énormes, et quand je dis énormes je n'exagère pas. Jusque là rien de trop compliqué je pense. On peut cependant diviser le hentai en trois grands groupes, le Het, le Yuri et le Yaoi.


Le Het est le hentai hétérosexuel. Deux sexes opposés donc. Le yuri met en scène deux femmes ou plus. C'est donc du manga lesbien. Le yaoi est du manga mettant en scène deux ou plusieurs hommes, c'est donc un manga homosexuel. Le yuri est très peu représenté par rapport au Yaoi. Le yaoi est d'ailleurs un genre de manga tout particulier, qui n'est pas forcement lié au hentai.

Entre homme c'est le pied.

Yaoi serai en fait l'acronyme de yama nashi, ochi nashi, imi nashi (Pas de point culminant, pas de chute, pas d'histoire). D'autres sources pensent que le mot provient de "Yamete, oshiri (ga) itai" qui veut littéralement dire "Arrête ! J’ai mal aux fesses". À l'origine le terme fut inventé pour désigner des mangas dessinés par des amateurs comportant des scènes érotiques entre personnages masculins issus de mangas ou de séries animées populaires (Saint Seiya, Captain Tsubasa...). Son sens a évolué au fil du temps, et il est utilisé maintenant, surtout parmi les fans occidentaux, comme un terme général pour désigner toute forme de romance entre deux hommes, même si elle est uniquement suggérée. Au Japon le terme n'est plus utilisé que dans certains cas très précis (car synonyme de dōjinshis érotiques pas forcément bien dessinés), le terme par excellence étant devenu Boy's Love (BL) pour désigner toute production de nature commerciale, réalisée par un auteur professionnel.

Parmi les autres termes utilisés, on trouve aussi Boy's Love (BL) qui désigne actuellement au Japon le plus gros de la production locale en matière d'œuvres à nature homoérotique masculine, et shōnen-ai que les fans occidentaux utilisent pour désigner tout ce qui est yaoi light (œuvres centrées sur du relationnel, peut-être quelques baisers, mais pas de sexe).

Au Japon shōnen-ai était utilisé en tant que tel durant les années 70 ou 80 pour désigner des œuvres comme le Kaze to ki no uta de Keiko Takemiya ou Toma no shinzo de Moto Hagio et qui dépeignaient des relations romantiques tragiques entre jeunes garçons. Aujourd'hui, le terme est devenu synonyme avec pédophilie, il n'est donc plus utilisé, sauf pour désigner ces grands classiques.

D'autre termes ont été en usage de par le passé (June, tanbi) mais sont tombés en désuétude depuis. Ecrit principalement par et pour des femmes, le marché pour les œuvres Yaoi s'est énormément développé ces dernières années et touche un public de plus en plus large, au Japon, comme dans le monde.
De plus, de nombreux shōjo manga incluent des éléments d'intrigues qui pourraient les faire assimiler à du Shōnen-ai ou Yaoi. Voir par exemple des œuvres telles Angel sanctuary, Cardcaptor Sakura, X ou Tokyo Babylon, qui s'adressent pourtant au grand public. En fait, on pourrait parler plus exactement de shōjos mangas populaires intégrant des éléments plaisant à leur lectorat.

Enfin, de nombreuses séries shōnens ont aussi été détournées par les fans, que ce soit via des fan fictions ou des fan arts : Gundam Wing, Naruto, Le Prince du tennis, etc.

Il faut noter que ces mangas n'ont pas du tout pour but de faire la promotion de l'homosexualité ou d'inciter à la tolérance. En général, les lectrices cherchent avant tout dans ces mangas une façon de voir comment les hommes abordent les sentiments amoureux. La distinction entre ces romances imaginaires et la réalité est une convention de lecture, et il n'y a rien de contradictoire à être une lectrice de manga Yaoi et à ne pas accepter l'homosexualité par ailleurs.

On peut aussi noter qu'il a été fortement décrié par les mouvements homosexuels au Japon, parce qu'il donne souvent une image erronée de l'homosexualité masculine (comme dit ci-dessus, il a été fait par des femmes pour des femmes), en assimilant quasiment systématiquement le couple homosexuel au couple hétérosexuel : Le couple stéréotype d'un manga yaoi est composé d'un garçon "normal" qui pourrait être hétérosexuel, et d'un autre garçon, en général plus petit et dont l'attitude est très efféminée, le premier étant l'"actif" et l'autre le "passif" ( en japonais : seme (du verbe semeru, dominer) et uke (du verbe ukeru, recevoir)) alors que dans la réalité, les homosexuels refusent évidemment d'être assimilés à des hommes hétéros d'une part, et à des femmes d'autre part.

Mais entre femmes je préfère...

Le terme yuri (qui signifie littéralement lys, les noms de plantes étant souvent utilisés pour les prénoms féminins) fait référence aux relations homosexuelles entre femmes. Il est apparu en 1971, de la plume d’Ito Bongaku, rédacteur en chef du Barazoku, un magazine homosexuel pour homme qui a désigné la communauté lesbienne de yurizoku ("tribu de lys") alors qu'eux-mêmes étaient des barazoku, ("tribu de roses"). Ce nom a été repris dans de nombreux mangas et dōjinshi hentai qui ont alors désignés les personnages lesbiens en les nommant "Yuri" ou "Yuriko". Notons au passage que les lesbiennes japonaises ont abandonné depuis longtemps l'usage de yurizoku pour se désigner en tant que communauté.


Dans son pays d'origine, le terme yuri ne fait pas de distinction. Il concerne aussi bien les relations sexuelles que l’on peut trouver dans des hentai qu'une simple amitié intense, un amour romantique ou un désir physique comme on peut en trouver dans les mangas shōjo et surtout josei ou seinen. Aux USA, pour se démarquer de l’origine peu reluisante des mangas pornos, aux relations purement sexuelles, le terme shōjo-ai a été inventé (en analogie au shōnen-ai qui concerne les amours homosexuelles masculines) pour faire référence aux amours romantiques entre filles. Cependant, ce mot n'a aucune réalité au Japon.

En francophonie, le yuri, en tant que genre, exclut la pornographie à destination des hommes et fait référence aux mangas shōjo, josei et seinen qui présentent des relations féminines plus ou moins homosexuelles. De ce fait, il ne s’agit pas d’un genre éditorial, basé sur un lectorat précis (âge et sexe), mais plutôt sur une thématique. Il faudrait plutôt parler d’un sous-genre qui irait même jusqu’à intégrer les mangas écrits par des lesbiennes pour un lectorat lesbien publiés dans des magazines homosexuels (la seule véritable catégorie éditoriale qui pourrait exister avec ses propres canaux de prépublications).

Un des couples yuri les plus connus est celui constitué de Sailor Uranus et de Sailor Neptune dans la série Sailor Moon. Un autre couple est celui qui voit une relation se développer entre Utena Tenjô et Anthy Himemiya dans Utena, la fillette révolutionnaire (relation qui existe plus dans le film issu de la série que dans la version papier). En francophonie, depuis qu'Asuka a lancé en 2004 une collection dédiée, avec notamment les œuvres d'Ebine Yamaji, une mangaka homosexuelle, mais aussi avec l’arrivée de Blue de Kiriko Nananan et avant la parution de Suppli de Mari Okazaki chez Delcourt, on peut dire que les mangas yuri ont désormais réellement droit de cité dans le paysage du manga francophone.



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