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Le jeu vidéo japonais est-il mort ?

19/09 | Art | Auteur: Jinnosuke


Le TGS 2011 vient de se terminer, et comme chaque année depuis 5 ans, beaucoup de personnes se posent des questions sur l’état de santé des jeux vidéo japonais. Après 20 ans  de domination totale sur le marché vidéoludique, les développeurs japonais n’ont jamais été autant mis à mal, mais pourquoi ? Que c’est il passé pour que tout d’un coup, une industrie entière se retrouvent en file de peloton.

Il y a 10 ans la sortie d’un jeu américain voir européen était anecdotique sur console de salon, ces derniers avaient très souvent la réputation d’être d’une médiocrité exemplaire en comparaison des jeux japonais, pourtant aujourd’hui les choses se sont presque inversée. Que s’est-il passé ? Les joueurs ont changé, là-dessus il n’y a pas de doute, de nouveaux types de joueurs sont arrivés sur un marché autrefois réservé aux passionnés.  La casualisation des jeux comme certains aime le dire,  la réincarnation du mal pour les « true hardcore gamers »,  malgré qu’un jeu casual est en définitive un jeu arcade, et qu’un mauvais jeu est un mauvais jeu, mais cela est un autre débat, si débat il y a…

Mais est-ce pourtant la faute à ses nouveaux gamers et de leurs habitudes que les développeurs japonais prennent l’eau ? Non, on ne va pas tourner autour du pot,  ils n’ont rien à voir là-dedans. Si les mangeurs de suchi se trouvent dans une impasse en ce moment tout cela est malheureusement de leur propre faute.

De nos jours les joueurs attendent des jeux beaux, une bonne direction artistique, un gameplay intéressant, une histoire réussie et une musique enchanteresse. Enfin c’est ce qu’attendrai tout joueurs parfait. Et tout cela, les japonais qui étaient les numéros un dans ces domaines à la dernière génération de console sont devenu complètement à la ramasse et croyez moi ça me fait mal de l’écrire, mais c’est pourtant vrai.


Dans un premier temps les studios japonais n’ont pas réussi le saut « next gen », effectivement, recycler leur ancien moteur graphique leur a couté cher.  Il faut savoir, que développer un jeu vidéo est un sacré coup financier, et que maintenant pour réaliser n’importe quel gros jeu, appelé triple A, il faut y mettre des millions d’euros/dollars/yens, pourquoi autant d’argent ? Tout simplement qu’on a besoins de plus de personnes pour nous créer de superbes graphismes et autre détails clinquants.  Aujourd’hui il faut en moyenne une équipe de 200 personnes pour développer ces gros jeux, alors qu’à l’époque 128 bits une cinquantaine maximum suffisait.

Pour ces « petits » studios lancer de tels développements est extrêmement dangereux, si le jeu ne se vends pas la boite peut mettre la clé sous la porte. Et ça personne n’en a envie, alors pourquoi continuer à faire du R&D qui coute une fortune ? Pourquoi risquer la santé de la société ? Au final nous avons observé un nombre important de fusions de gros éditeur japonais, et de disparition des petits studios japonais légendaire, comme Irem, Taito et j’en passe. Même les gros studios japonais tels que Konami, Capcom, Square-Enix, ne produisent quasiment plus rien sur le territoire nippon et délocalisent partout dans le monde leur productions avec plus ou moins de succès.

Mais attention, le coup financier est une chose, mais il n’y a pas seulement ça qui cause problème aux jeux japonais de nos jours.  Il y a aussi leur direction artistique qui ne fait plus recette auprès des joueurs.  La mode de l’androgénie au Japon qui fait rage depuis des années c’est immiscé dans les jeux vidéo et animés au point d’en devenir gerbant. Qui a envie de jouer ce type de personnage qui ressemble à des icônes gay juvénile ? Où sont passés les héros des années 90 qui avaient la classe ?

En plus de cette direction artistique douteuse, ils n’ont pas su faire évoluer leur gameplay, ils appliquent éternellement les mêmes recettes vu et revu ou bien s’enferme dans un style Otaku poussé à l’excès. Quasiment tous les « shoots them up » sont des « manic shooter » remplis de goth-lolita, sans parler des obscurs jeux de bastons. Le meilleur exemple sont les RPG qui ne sont que la caricature de leurs propres ombres, même si leur histoire peux s’avérer intéressante, leur narration est mal traitée et rempli de dialogues insipides accompagnés d’un doublage à la limite du risible, desservant totalement l’immersion. Les jeux japonais manquent de charisme et d’une belle technique, même si je suis le premier à dire que cette dernière ne fait pas un bon jeu.

Aujourd’hui les jeux japonais sur les plates formes tels que la Xbox 360 et la PS3 sont devenu des petits jeux de seconde zone pour la plus part, attention je ne dis pas qu’il n’y a pas quelques perles dans le lot, mais le constat est tout de même assez déplorable, et les choses ne vont pas s’améliorer. La preuve en est, que la plupart des développeurs japonais se tournent vers le marché des mobiles (voir Mogabe Town),  consoles portables qui utilisent leur anciens moteurs,  et maintenant avec l’arrivé de la PSvita ont voit arriver un nombre incalculable de portages de jeu et non de création japonaises. Les japonais vivent en ce moment sur leurs gloires passées et au lieu de vouloir plaire à un public précis devrait retrouver la passion et l’ambition qui les avaient amenées aux sommets.

Alors le jeu vidéo japonais est il mort ? Non, il ne l’est pas, mais il tire une sale gueule et ce n’est pas beau à voir

 

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