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Le Japon, une sexualité à part.

24/01 | Société | Auteur: Donald Duck


 

Malgré le Hentai il ne faut pas s'imaginer pour autant que le Japon est une terre de luxure affirmée aux mœurs libertines bien au contraire. L'article 175 du Code pénal japonais prohibe la publication de matériel "moralement nuisible". Pour cette raison les parties génitales sont généralement couvertes par un flou ou un bandeau. Jusqu'en 1994 l'interprétation de cette disposition incluait l'exposition des poils pubiens. Les personnages étaient donc toujours présentés sans poils. Lorsque le hentai traversa les frontières du Japon ces personnages semblaient alors beaucoup plus jeunes aux yeux des occidentaux. Il faut l'admettre, ils n'ont pas torts. Les personnages féminins ont des visages assez infantiles comparés aux normes de la bande dessinée franco-belge ou Américaine.  Certains ont alors pensé que des animés ou manga japonais contenaient de la pornographie infantile. De nos jours le problème semble s'être atténué, les mères au foyer réactionnaires préfèrent apparemment consacrer leurs efforts à la lutte contre la violence afin par exemple de faire retirer Dragon Ball Z des chaînes publiques à 10 épisodes de la fin.


Le Japon est d'ailleurs un pays où la sexualité est quelque chose d'assez tabou malgré ce que l'on pourrait croire. Il suffit de voir n'importe quel manga pour comprendre que les relations homme/femme sont assez compliquées. Sortir avec une fille sans l'embrasser pensant plusieurs mois est chose courante et hors de question de faire autre chose que se tenir la main ! Dans la rue idem ! Même si cette société s'occidentalise et dans un sens se pervertie, cela reste bien différent de chez nous. Ainsi en 1992, seuls 25 % des jeunes âgés de 18 ans déclarent avoir des relations sexuelles mais dans le même temps des pratiques telles que le enjo kōsai semblent assez bien acceptés. Je préciserais au passage pour ceux qui l'ignorerait que les geisha n’étaient et ne sont pas des filles de joies. Il est en effet très rare que celles-ci pratiquent des rapports sexuels avec leurs clients. Elles sont avant tout des dames de compagnie.


C'est cette frustration sexuelle de la société japonaise qui a donné naissance au Hentai. A force d'imaginer, d'être privé d'une sexualité avouée et désinhibée des dessinateurs ont alors mis sur papier leurs fantasmes les plus inavoués. C'est pourquoi les viols ou les monstres sont légions. Repousser les barrières de l'inavouable est sans doute la vocation première du hentai. Une œuvre de frustré qui c'est transformée en phénomène de société et produit de consommation. Le hentai est l'antithèse de la société prude et respectueuse du Japon. C'est la face inavouée de l'iceberg. Dans le fond cela ne fait que désordonner encore plus cette société en quête d'elle même déjà tiraillé entre modernité, globalisation et tradition. L'adolescent a alors à disposition des ouvrages hentai mais ne peut développer une sexualité normale en parallèle. Dans son Shonen Jump (ndJinn : magazine de manga dédié aux enfants et adolescents) il lit que s'il croise le regard d'une camarade, c'est qu'elle est amoureuse de lui (c'est stupide), dans son manga hentai elles rêvent toutes de se faire violer (encore plus stupide) et bien sur hors de question dans parler avec ses parents. A lui de se débrouiller et de comprendre comment ça marche. Le sexe est tabou. En parlant de Tabou, ça me fait penser au film éponyme de Nagisa Oshima avec Takeshi Kitano. Celui nous présente une autre vision du monde des samouraïs. On y découvre qu'à force d'être toujours entre hommes et de ne jamais voir de femme ou très rarement, des relations homosexuelles se créaient entre les individus. Ce film à bien évidemment fait parlé de lui car c'est dévoiler au grand jour une vérité qui a toujours été cachée. A vouloir se défaire de la sexualité ou du moins la cacher, la société japonaise s'expose par la même aux pires vices.  Il faut aussi savoir qu’au 18ème siècle les moines n’avait pas le droit de se tourner vers les femmes excepté la branche du bouddhisme de la Terre pure (Jôdo), mais les relations avec les hommes étaient elles acceptées et tolérées, les premières victimes étaient les novices en apprentissage dans les temples.


L'une des causes de se problème ou de cette gêne est la place octroyé à la femme des la société japonaise. En effet en plus de cette gêne “ physique ”, la position de la femme n'est pas facile. Les femmes représentent 40% des salariés mais moins de 5% des cadres. À fonction égale, elle percevra au moins 30% de rémunération en moins.


Bien sur tout n'est pas si noir, Je vous rassure les Japonais couchent ensemble comme tout le monde (ndJinn : pour les 10% qui possèdent encore une vie sexuelle). Mais la société ne les y prépare pas de la même manière. Dans la société française nous sommes soumis à des cours d'éducation sexuelle dés l'école primaire et des cours sur les M.S.T. au collège. Chez nous, les rapports sexuels sont une normalité. Au Japon, les rapports sexuels entre deux personnes non-mariés se font dans des Love hôtels. Hors de question de faire ça chez soi. Comme si l'acte était tellement dégoutant qu'il fallait le faire loin de chez soi .Quel contraste avec les ouvrages hentai vous en conviendrez. J'ai un ami qui est sorti avec une Japonaise et qui donc logeait chez elle quand il partait à Tokyo. Celle-ci habitait encore chez ses parents. Et bien même quand ceux-ci n'étaient pas là, il fallait aller au Love Hotel.


On peut aussi se poser la question – est ce que le japonais moyen est égoïste au point de préférer la masturbation à l’acte sexuel ? – Est-ce si difficile que ça de prendre soin de son ou de sa partenaire ? Avons-nous peur de la réaction de l’autre ? Pourtant l’Amour s’il y en a, devrait pouvoir faire accepter pas mal de perversité dans un couple ou plus communément du « Fun ». Le japonais (et il n’est pas le seul, on peut parler de l’être humain tout court) semble préférer fuir  certaines responsabilités et ignorer les besoins de l’autre, pourtant tous savent que les problèmes ne se fuient pas mais s’affrontent et c’est dans ce point que se trouve sans doute la solution. Accepter la communication, voir la forcer.

 

Je vous met à disposition un reportage diffusé récemment qui est très intéressant et qui illustre parfaitement les propos cités plus haut, bon visionnage.

 


 

 

 




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