Chroniques

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Silent Hill Origins - PSP

07/11 | Jeux Vidéo | Auteur: Victor


Annoncé depuis de nombreux mois, Silent Hill Origins débarque enfin sur notre chère PSP, et autant le dire tout de suite pour notre plus grand bonheur (et plus grande frousse).


Comme tout fan de Silent Hill, c'est avec impatience et scepticisme que j'ai inséré l'UMD dans ma PSP. L'expérience du quatrième épisode m'a laissé une impression mitigée et la prise en main récente de la série par des studios américains a de quoi faire peur. Qui plus est, la série des Silent Hill reposant sur une peur immersive liée à une ambiance générale pesante, un épisode sur console portable est-il un choix judicieux ? Le "charme" opérera-t-il ?


Once upon a time …


Cet épisode "Origins" se place en premier dans l'ordre chronologique de la série d'un point de vu scénaristique. L'histoire contée se déroule en effet avant les déboires de Harry et de sa fille Cheryl sortis en 1999 sur la bonne vieille PS1. L'occasion pour les joueurs de découvrir de nouveaux éléments croustillants sur l'histoire de la ville tourmentée et sur la diabolique secte de Salamaël. En effet, autant vous prévenir tout de suite, cet épisode s'inscrit dans la continuité des épisodes 1 et 3, les épisodes PS2 2 et 4 n'ayant en effet aucun rapport direct avec la trame principale de l'histoire. Je rassure néanmoins ceux qui ne se sont jamais essayé à la série, cette épisode "0" peut être joué et compris sans problème. Mieux, ces joueurs là auront droit à beaucoup plus de rebondissements car ne connaissent pas encore Alessa, Dahlia, le Dr.Kaufmann ou Lisa la jolie infirmière. Un tas de personnage qu'il est bon de retrouver pour les vieux joueurs. Nostalgie quand tu nous tient. Trêve de bavardages inutiles désormais et parlons un peu plus du jeu en lui-même.


C’est privé de repaires que le camionneur Travis O'Grady se retrouve donc coincé dans la ville en ayant suivi une mystérieuse jeune fille qu'il a sauvé des flammes. Prisonnier d'une ville plus proche de l'enfer qu'une station balnéaire, le pauvre Travis rencontrera les sinistres habitants de cette ville pendant sa quête de vérité. L’aventure serait aisée si Silent Hill n’était pas hanté par des créatures repoussantes avides de sang frais.


Dés les premières minutes de jeu, l'ambiance qui caractérise Silent Hill est belle et bien présente. Le brouillard et les bruits sourds sont désormais votre lot du quotidien. Les graphismes sont de très bonne facture, mêlant des textures de bonnes qualités à des effets de lumière excellents. En dessous d’un opus PS2, les graphismes restent bien supérieurs à l’épisode PS1. Il semblerait que depuis Final Fantasy Crisis Core, la PSP montre enfin ce qu’elle a dans le ventre. Petit bémol néanmoins au niveau des cinématiques qui sont assez mal encodées mais beaucoup diront que je chipote.


Des coups de pelle dans les dents


En parlant de pelle, tout ce qui vous passe sous la main sera bon pour vous débarrasser des monstres qui peuplent cette contrée étrange. Là est la grande nouveauté de cet épisode PSP, sa gestion des armes. Beaucoup d'éléments du décor peuvent en effet être ramassés pour servir d'armes à l'instar de Dead Rising. On découvre alors un héros de Silent Hill se servant d'un grille-pain ou d'une bombonne de gaz pour se débarrasser d'un bestiaire toujours aussi horrible. Autre point qui n'est pas sans rappeler Dead Rising, les armes sont destructibles. Comprenez par là qu'elles ont une durée de vie propre. Certaines armes très puissantes se détruiront en un coup tandis que d'autres vous permettront de vous débarrasser de 3 ou 4 ennemis. Un élément qui rajoute une bonne dose de stress quand votre barre à mine pète en plein combat contre une horde d'infirmières tarées ne désirant qu'une chose, vous tailler en pièces au premier sens du terme. Je parle des infirmières mais pléthore de nouveaux monstres sont également aux rendez-vous comme des espèces de poulet géant la chaire a vif ou encore le terrifiant boucher. Ce boucher est le pendant de Pyramid Head affronté dans le second opus. A savoir un monstre féroce qui vous poursuivra et vous causera pertes et tracas tout au long du soft. Est-ce le boss de fin ? Je vous laisse le découvrir. Autre nouveauté, des phases de QTE surviendront pendant certains combats. Il vous faudra alors tapoter sur des touches pour vous défaire des ennemis sous peine de se faire mortellement attaquer. Vous l'aurez compris, faire de la charpie des créatures du jeu vous demandera bien des efforts contrairement aux précédents épisodes. Ceux-ci ont en plus gagné en intelligence (c'est vite dit) car ils vous poursuivront à travers toute la ville s'ils vous ont repéré ! Finies les petites pauses promenades dans la ville, surveillez toujours vos arrières ! Le point positif ? Démembrer ses adversaires à coups de pieds devient alors jouissif. Chaque râle de douleur de l’ennemi est vécu comme une libération. Libération du stress et de la peur accumulée. Car oui, Silent Hill Origins fout les jetons.


Une bande-son démoniaque


Le moindre bruit suscite l’attention. Ai-je bien entendu un monstre ou est-ce mon imagination ? L’univers infernal de Silent Hill transcende notre PSP et l’immersion est totale à condition d’y jouer au casque. Les bruitages et les musiques sont comme d’habitude d’excellentes factures. Les compositions d’Akira Yamaoka sont un régal pour les tympans. Véritable hymne à la peur et à la mélancolie, ses mélodies nous transportent dans cet autre monde si repoussant et pourtant si séduisant.  Le timbre de voix de Mary Elizabeth Mc Glynn, interprète des chansons de Silent Hill depuis le 3ème épisode, y est pour beaucoup. Si vous n’avez jamais écouté les bandes originales de cette série de survival-horror, honte à vous ! Procurez-vous au plus vite ces disques, vous ne le regretterez pas. Il est bien entendu que je vous déconseille d’écouter ses morceaux en soirée sous peine d’une déprime générale. Bref, tout cela pour dire que la qualité est au rendez-vous et que l’ambiance est tout bonnement géniale.


Bilan médical


Avant de clairement dire ce qu’il en est de ce jeu, je passerai vite fait par la case « durée de vie » car beaucoup la redoute. La raison ? L’annonce il y a plusieurs semaines d’une durée de vie n’excédant pas les 5h de jeu. Et bien c’est seulement à peu près vrai ... Le jeu vous occupera pendant au moins 5 ou 6h, un peu en dessous la durée moyenne d’un survival-horror. Varié, long et difficile, Silent Hill Origins possède une bonne durée de vie pour un jeu du genre qui plus est sur portable. Il cependant l’admettre, ce type de jeu ne possède un « replay-value » très faible. Une fois l’aventure terminée, seuls les plus courageux oseront reposer un pied dans Silent Hill avec de nouvelles tenues ou de nouvelles armes.


Au final, Silent Hill Origins ne souffre d’aucun défaut. Des graphismes très bons, un gameplay intuitif et une ambiance dérangeante à souhait, ce jeu est une réussite. Le scénario apportera son lot de nouveauté aux fans et satisfera les néophytes malgré un final un peu baclé. Konami a fait plus que du très bon travail et nous offre un jeu complet pour un genre qui manquait de hit sur PSP.

Excellent du début à la fin et reprenant tout ce qui a fait le succès de la série de très bonne manière, Silent Hill Origins est bien le hit attendu. Apportant des éléments intéressants à l’histoire et introduisant un nouveau gameplay à la série, ce jeu est à posséder absolument si vous avez une PSP et que passer des longues heures seules dans le brouillard de Silent Hill ne vous fait pas peur.



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